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Les poissons du Queffleuth se dévoilent grâce à la pêche électrique de démonstration

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Une méthode d’évaluation de la qualité des milieux aquatiques

Aquarium
Le patrimoine aquatique le long du site de la prairie humide de Riboul Potic s’est ainsi dévoilé grâce à l’action conjointe de la Fédération du Finistère pour la pêche et la protection des milieux aquatiques et du Syndicat mixte du Trégor, dimanche 20/09.
Mathieu La Bouter de la Fédération de pêche du Finistère a présenté au public l’équipement permettant d’électriser temporairement les poissons ; il a aussi fait le parallèle avec les suivis scientifiques utilisés pour évaluer la qualité d’un cours d’eau via cette méthodologie.

Il y a quoi dans le Queffleuth ?

En observant le fond de la rivière depuis la berge?, il est difficile d’apercevoir les poissons. Grâce à l’utilisation de la perche électrisante, les poissons, cachés dans les sous berges, entre les blocs ou les plantes aquatiques se révèlent et sont récupérés à l’épuisette. Le choc électrique diffusé dans la rivière tétanise brièvement les poissons, permettant de les récupérer rapidement et de les transvaser dans un seau. Les techniciens équipés de leurs combinaisons isolantes ont ainsi attrapés quelques spécimens de poissons à différents endroits du cours d’eau.

Equipe_pêche électrique

"Immédiatement après l’arrêt de la diffusion du champ électrique dans l’eau, les poissons retrouvent toutes leurs facultés de nage et leur habitat", commente Mathieu Le Bouter. Les truites farios, reconnaissables aux points rouges qui parsèment leur robe et caractéristiques de nos rivières sont bien là ; les anguilles également. De plus petites espèces mais tout aussi importantes à l’écosystème de la rivière vivent également à cet endroit : le chabot et la loche franche. Il y a même des petits saumons atlantiques, nés il y a quelques mois.

Le public a tout de suite été impressionné par le nombre de poissons récupéré. Certains avouaient être sceptiques sur le nombre de poissons présents, avant le résultat du premier coup d’électricité.

"Les actions engagées par le Syndicat mixte du Trégor avec ses partenaires financiers permettent de maintenir des cours d’eau en bon état" commente Sébastien Le Goff. "L’entretien des cours d’eau, combiné avec l’aménagement des points de difficulté de migration des poissons, ainsi que la suppression des atteintes par pollution aux rivières sont nos grands axes de travail".

Des poissons voyageurs

On retrouve donc en majorité des populations de truites farios dans le Queffleuth. Elle appartient à la famille des salmonidés qui ont la particularité de posséder une petite nageoire caractéristique : l’adipeuse. Cette espèce fréquente principalement le Queffleuth mais profite des niveaux d’eau élevés l’hiver pour remonter les ruisseaux affluents pour s’y reproduire. Ce poisson creuse le fond du cours d’eau avec sa nageoire caudale puis y dépose ses œufs. Après fécondation, aux mois de mars/ avril, les alevins sont mobiles et commencent à se nourrir de petites proies (insectes aquatiques).

Truite fario
Juvénile_saumon altantique

L’anguille quant à elle se reproduit à proximité des Caraïbes, dans la Mer des Sargasses. Les petites anguilles appelées civelles profitent des courants océaniques (Gulf Stream) pour rejoindre nos côtes bretonnes. Elles y grandissent 5 ans en moyenne dans nos rivières pour repartir dans le sens inverse vers l’océan et boucler ainsi leur cycle de vie.
Le saumon atlantique établit sa vie de manière opposée à l’anguille. Il profite de l’océan pour grandir et utilise les zones du nord de l’Irlande, du Groenland et des Iles Féroés pour consommer les crevettes, calamar et sprats. Il se reproduit en rivière de la même façon que la truite. Les alevins restent 1 an après leur éclosion en rivière pour se développer avant de s’engager en mer.
Le chabot et la loche franche sont deux espèces qui vivent uniquement en rivière et sont dits "espèces d’accompagnement de la truite". Ce sont d’ailleurs des proies intéressantes pour cette dernière.

La méthode de pêche :
L’appareil permettant de capturer les poissons se nomme le Martin Pêcheur ; il est constitué d’une perche qui envoie un courant électrique dans l’eau et paralyse temporairement les poissons sans les tuer. Les poissons sont apportés par le courant de la rivière dans les épuisettes puis placées dans un seau. On distingue cinq étapes :
  1. Le porteur du Martin Pêcheur place les porteurs d’épuisettes à l’aval de la zone qu’il va balayer avec l’anode, dans un secteur de rapide ou de radier?. L’épuisette est posée au fond, face au courant et en position fixe.
  2. L’anode balaye une zone de 4-5 m en amont de l’épuisette dans la veine d’eau filtrée par celle-ci.
  3. Les poissons attirés puis "choqués" par le courant électrique descendent dans l’épuisette guidés par l’anode et poussés par le courant.
  4. Au besoin, les poissons bloqués au fond ou dans la végétation aquatique sont récupérés à l’épuisette dite "volante".
  5. Les poissons sont transférés dans un seau.

L’opération est renouvelée sur une zone favorable (radier ou rapide) non perturbée par le "trait" précédent, en prenant garde de ne pas marcher sur la zone suivante et de se déplacer le plus discrètement possible. L’échantillonnage d’une station s’arrête lorsqu’un nombre suffisant d’espèce est capturé.